FAQ d'ados

mERCI à PIA, CAMILLE, BAPTISTE, CHARLOTTE et les zautres ;-)

Nait-on précoce ou devient-on précoce ?

Selon toute vraisemblance on nait précoce. Il est d’ailleurs, lorsque l’on est sensible au sujet, très facile de repérer un bébé « précoce ». Son regard est soutenu et intense, comme s’il s’intéressait à ce qui se passe autour de lui alors que les autres semblent plus indifférents.
Si je rajoute « selon toute vraisemblance » c’est que l’on a remarqué par exemple qu’il y avait un pourcentage élevé de personnalités à haut potentiel intellectuel chez les personnes adoptées ou ayant subi un traumatisme. 2 hypothèses : Les bébés précoces sont plus souvent abandonnés (improbable), l’environnement, l’expérience, peuvent avoir un impact sur la construction du cerveau. Cette seconde hypothèse est plus probable et rejoint des dernières recherches en épigénétique*. Nous avons longtemps considéré que nos gènes déterminaient à 80 % ce que nous étions et que l’influence de l’environnement ne représentait que 20% dans l’expression de ce capital génétique. Les recherches récentes tendent à démontrer que c’est exactement l’inverse. Je vous propose, si cela vous intéresse de regarder cette vidéo de Joël de Rosnay https://youtu.be/XTyhB2QgjKg. En résumé, la composante génétique est forte mais il nous reste des choses à découvrir.

*L'épigénétique est la discipline de la biologie qui étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible et adaptative l'expression des gènes sans en changer la séquence d’ADN

Est-ce héréditaire ? 

La composante héréditaire est la plus forte. Dans une famille, le test fait sur un des enfants révèle souvent le haut potentiel d’un ou des deux parents ainsi que d’autres membres de la fratrie. Mais comme je te le disais plus haut, l’épigénétique* a fait la démonstration que l’expression de nos gènes était influencée à 80 % par notre environnement et 20% par notre ADN. Alors même si malheureusement la recherche ne s’est pas penchée suffisamment sérieusement sur cette question mon humble avis est que d’autres pistes restent ouvertes. On pourrait même avancer l’idée que certains évènements (traumatismes) pourraient permettre de développer ce mode de pensée. Certains auteurs (Carlos Tinoco) parlent d’ailleurs de « mode de pensée surdoué ». Comme si le besoin de survie permettait d’accéder à un mode de conscience, de pensée, plus puissant. A l’inverse, la souffrance engendrée parfois par le sentiment de ne pas être compris.e, d’être rejeté.e, d’être trop impacté.e par ses émotions, peuvent pousser certaines personnes à renoncer, à verrouiller leur douance. Ils deviennent alors indétectables. Mais comme tu peux l’imaginer cette stratégie plus ou moins inconsciente n’apaise que temporairement leurs souffrances. Renoncer à être soi n’a jamais été le chemin le plus efficace vers l’épanouissement.

*L'épigénétique est la discipline de la biologie qui étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible et adaptative l'expression des gènes sans en changer la séquence d’ADN

Est-ce que c’est grave d’être précoce ? Ça se guérit ?

Ce n’est absolument pas grave d’être précoce. Ce n’est pas une maladie mais un fonctionnement atypique car minoritaire (estimé de façon élargie environ 5% de la population). Je te répondrais même que c’est une chance mais à condition d’en connaître « le mode d’emploi ». C’est un peu comme confier une Ferrari à un jeune conducteur ou un pur-sang fougueux à un cavalier débutant. On risque la sortie de route ou la chute lorsque l’on n’est pas fortiche. C’est d’ailleurs une cause reconnue de nombreux désordres psychologiques : anxiété, dépression, TOC, phobies, anorexies… Et les psychiatres encore très mal informés sur le sujet et friands de pathologie ont une méchante tendance à leur coller toutes sortes de maladies psychiatriques : Bipolaire, schysophrène …
En revanche, la quasi-totalité des grandes inventions, révolutions, découvertes, créations ont été l’initiative de personnalités à haut potentiel. Est-ce grave d’avoir l’envie et la capacité de révolutionner le monde ???

Est-il possible d’être précoce mais pour autant ne pas avoir de bonnes notes à l’école ?

Bien sûr !!! C’est même très fréquent. Tu pourras lire que certaines statistiques (peu fiables cependant) qu’1/3 des « précoces » serait en difficulté scolaire, voire décrochage. Et seul 1/3 s’en tirerait suffisamment bien pour faire des études longues. Si ces études sont peu fiables, elles ont cependant le mérite de vouloir faire la démonstration que les difficultés scolaires sont une des situations régulièrement rencontrées par les surdoués. Paradoxe ??? Le « moule » scolaire est souvent très inadapté au mode de perception, de réflexion des enfants à haut potentiel. Les contenus, les modes de relations avec les enseignants et les autres élèves, le fonctionnement de l’institution, sont autant d’obstacles à leur réussite et leur épanouissement. D’autres en revanche s’y adaptent fort bien et tirent leur épingle du jeu* 

Mais j’ajouterais que l’enfant à haut potentiel fonctionne encore plus que les autres « à l’affectif ». C’est à dire que ses émotions ont encore plus que chez les « zautres » une grande influence sur son engagement sa motivation, ses apprentissages… S’il aime il est capable de se passionner et sera donc en réussite. S’il n’aime pas, ne se sent pas capable, n’apprécie pas l’enseignant ou sa méthode, ne comprend pas le sens, il ne parviendra pas à s’engager et pourra être en difficulté. Un petit grain de sable, la moindre émotion négative peut enclencher se désengagement. De la même façon, s’il.elle se sent à nouveau en confiance (quelqu’un le rassure, le prof change, la méthode change, une réussite, il/elle comprend à quoi cela peut lui servir…) sa motivation peut revenir. C’est la raison pour laquelle ses notes peuvent être très différentes d’une matière à l’autre, d’un prof à l’autre et d’une année à l’autre. Ceci est vrai chez tous les enfants mais de façon encore plus radicale chez l’enfant à haut potentiel.

*Tirer son épingle du jeu : expression du XVIème sciècle signifiant « Se dégager adroitement d'une situation délicate. » ;-)

Enfin il est important de savoir que l'on peut être porteur.se de plusieurs "particularités". On peut être H.P et en même temps dyslexique, dyspraxique... (troubles dans l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, de la motricité...), TDA-H (trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité), T.O.P (Trouble de l'opposition avec provocation) T.S.A. (troubles autistiques) ... Ces troubles développementaux associés sont à l'origine de difficultés scolaires pouvant masquer le fonctionnement Haut potentiel. La bonne nouvelle, c'est que le Haut Potentiel est un atout pour la régulation et la prise en charge de ces troubles. Ces difficultés parfois très invalidantes obligent l'enfant HP à fournir de gros efforts, à travailler plus que les autres. Si cela peut être vécu comme une situation injuste et invalidante il s'avère qu'elle permet à l'enfant HP de développer de nombreuses qualités (persévérance, mémoires auditives, créativités, empathie...) qui peuvent s'avérer être des atout considérables dans son parcours de vie futur. De nombreuses personnalités ont ces doubles particularités. Dans les pays anglo-saxons on les appelle les Twice exceptionals (doublement exceptionnels).

 

UN.E précoce est-il.ELLE considéré.E comme un.E surdoué.E ?

« Précocité intellectuelle », « haut potentiel intellectuel », « surdouement », « douance », « zèbres », … sont tous des synonymes. Certains sont plus ou moins porteurs de fantasmes, de clichés, de représentations. Le dernier terme proposé par l’équipe de Fanny Nusbaum chercheuse au centre Psyrene de Lyon est « philo-cognitif ». Ce qui signifie : qui aime penser ou cogiter. C’est effectivement l’une de leurs caractéristiques communes, mais pas la seule.

Une dénomination, que j’aime personnellement beaucoup est A.P.I.E : Atypique Personnalité en Intelligence et en Emotions. Cette terminologie proposée par mon ami Jean François Laurent, conférencier et formateur, fait bien apparaître l’un des éléments clés de ce fonctionnement atypique : les émotions. Nous y reviendrons forcément.

Le.A précoce a-t-il.ELLE une logique différente des autres, une vision différente du monde ?

Se sent-il.ELLE en décalage avec les autres ?

Oui et c’est là sa principale caractéristique même s’il est très important de tordre le cou au mythe de la pensée unique et de rappeler que nous avons tous une perception de monde qui nous est propre en référence à nos parcours, croyances, éducations singulières.

Le précoce voit cependant le monde à travers le prisme de sa sensibilité exacerbée. Ses sens et ses émotions sont toujours en alerte et lui permettent de percevoir ce qui est invisible au plus grand nombre. Ses perceptions lui paraissent parfois envahissantes car elles lui donnent des informations imperceptibles, indicibles et incompréhensibles à son entourage. Il se sent alors isolé, incompris, marginal, en décalage. Et cela d’autant plus que les personnes qui l’entourent n’ont pas le même fonctionnement, ne se posent pas les mêmes questions.

Il est également curieux, avide d’apprendre, de comprendre surtout. Il pose et se pose mille questions qui paraissent sans sens, sans intérêt aux Zautres  : d’où vient-on, pourquoi meure-t-on, qu’y a -t-il après la vie, et avant aussi, qui suis-je, est-ce bien la réalité que je perçois… Pourquoi, pourquoi, pourquoi, comment, quand ????? Tout parent d’enfant(s) APIE connait cette lithanie des questions à conditions qu’il n’y ait pas mis un terme par un « parce-que c’est comme ça, tu me saoules !!!!! ». Toutes ces questions peuvent même générer des angoisses existentielles.
Sa logique est également particulière. Il crée de nombreux liens entre les disciplines, les évènements, ce qui lui confère une grande créativité. Il aborde donc souvent les problèmes de façon atypique, globale. Que ce soit les problèmes de maths pour lesquels il aura du mal à justifier ses réponses, ayant pressenti le mode de résolution plutôt qu’appliquer une méthode imposée ou pour des problèmes de la vie courante pour lesquels il trouvera des solutions souvent non conventionnelles. Il est souvent innovant sans le vouloir vraiment.

Le problème c’est que le regard des zautres (figures parentales, profs, camarades…) posés sur ses attitudes considérées comme étranges, bizarres, dérangeantes, (provocantes pensent même certains), risque de brider ce mode de fonctionnement. Le.a précoce, se sentant mal perçu.e, rejeté.e, incompris.e, isolé.e, moqué.e et même parfois harcelé.e va vite comprendre qu’en adoptant une attitude plus conforme, plus conventionnelle, ses relations avec les zautres n’en seront que plus apaisées. Statistiquement et surtout culturellement, les filles adoptent majoritairement ce système de défense que l’on appelle le « faux self ». Elles se conforment pour faire plaisir, pour être aimer, par peur du rejet et par soucis d’excellence. Elles comprennent vite les attentes des zautres (personnes et système) et s’y soumettent au risque de s’y perdre. Être intelligent.e, surtout lorsque l’on est une fille, une femme n’est pas socialement confortable. C’est une des raisons qui explique que les filles à haut potentiel sont plus difficiles à repérer que les garçons. Elles souffrent également de façon plus fréquente de plusieurs syndromes : 

Le syndrome de la bonne élève : elle est perfectionniste, a du mal à supporter l’échec, se juge durement en référence à un idéal élevé et n’ose s’engager que si elle est certaine de réussir et surtout de ne pas décevoir. La forme est aussi importante que le fond et elle s’épuise à conjuguer les deux.

Le syndrome de l’imposteur : elle a du mal à croire en sa légitimité. Elle attribut ses réussites à la chance, à des concours de circonstances favorables plutôt qu’à son mérite.

D’où l’importance de l’aider à bien se connaître le plus tôt possible, et de comprendre les particularités de son mode de fonctionnement pour l’aider à construire une estime de soi forte.

On considère qu’il existerait, de façon caricaturale, 2 grands types de personnalités à haut potentiel :

Les laminaires : plus stables émotionnellement mais moins en lien avec leur ressenti, plus introvertis.

Les complexes : plus rock and roll quant à la gestion de leurs émotions, plus extravertis, plus empathiques (ils se connectent sur les émotions des autres).

Lire le livre de Fanny Nusbaum les philocognitifs.

Est-il.ELLE doué.E dans tout ce qu’il.ELLE entreprend ?

Absolument pas. Le.a surdoué.e peut bien sûr avoir des zones d’excellence pouvant parfois frôler le génie (mais pas nécessairement) et des zones de faiblesses pouvant s’apparenter au handicap (mais pas nécessairement). Une personne à haut potentiel peut être douée en dessin et nulle en maths et lycée de Versailles (vice versa dans le texte). Elle peut être très douée en littérature et détester les sciences. Mais elle peut aussi être poly-potentielle (douée dans plusieurs domaines) comme Léonard de Vinci (c’est les plus agaçantes ;-)).
Ces personnes peuvent également être très à l’aise dans toutes les activités intellectuelles mais incapables de gérer leur quotidien. Elles seront vite dépassées par des contraintes ménagères, les courses, les démarches administratives…au point de se sentir ou de paraître stupide auprès des zautres pour qui ces compétences du quotidien sont l’expression de l’intelligence d’une personne. 

On observe fréquemment des difficultés lors du passage à l’écrit et cette fois plus fréquemment chez les garçons que chez les filles.

D’autre part, le terme « doué » chez le surdoué pourrait faire l’objet d’un paragraphe entier : qu’est-ce que signifie être doué pour un surdoué ? À partir de quel niveau de pratique se considère-t-il doué. Bien souvent se sont les zautres qui vont le.a trouver doué.e. Il.elle essaie la guitare et joue Nothing Else Matter au bout de 8 jours. Lui.elle pensera avoir galéré et son ami, qui prend des cours depuis 4 ans sera dégouté.

Un autre élément est à prendre en compte qui rejoindra la question suivante. Lorsque l’on fait faire des tests à une personne à haut potentiel, on évalue différents champs de compétences. Les résultats peuvent mettre en lumière une certaine homogénéité du profil ou au contraire le caractère hétérogène de ces zones de compétences avec des dominantes supérieures à la moyenne des gens et d’autres comparables, voire inférieures, à une population standard. Cette hétérogénéité (le fait que ce soit inégal) peut empêcher le calcul du QI. Certains surdoués repartent ainsi sans mieux comprendre qui ils sont. D’où l’importance de faire ce genre de test chez un psychologue ou neuro-psychologue qualifié sur le sujet. Ce professionnel compétent saura prendre en compte d’autres indices permettant de détecter un mode de fonctionnement haut potentiel.

Y a-t-il un lien entre la précocité et le QI ? 

Dans notre culture Oui mais… Depuis les années 50 et l’éclosion des sciences psycho-sociales de nombreuses tentatives ayant pour objectif de mesurer l’intelligence des gens sont apparues. L’attention étant initialement portée sur l’évaluation de la déficience intellectuelle. Ils ont donc testé différents champs de compétences faisant référence aux besoins, attentes, représentations de ce qui devait constituer le bagage intellectuel d’une personne adaptée. Les compétences linguistiques, logico-mathématiques, spatiales, mnésiques (la mémoire) et procédurales (comment je m’y prends pour régler un problème) ont donc été privilégiées. Nous sommes d’accord que l’on aurait pu évaluer la capacité à jouer de la musique, à faire du sport, à cuisiner, à jardiner, à soigner… Les nombreuses études ont fait apparaitre des échelles d’évaluation de plus en plus standardisées et répondant à des normes statistiques. Ils ont donc convenu que le chiffre 100 (représentant la moyenne des points accumulés par la passation des différents tests) serait le Quotient Intellectuel (QI) moyen.

En deçà de 70 les personnes seront considérées déficientes intellectuelles et au delà de 130 elles sont considérées comme surdouées. Si l’on s’en réfère à la logique de la courbe de Gauss* (ce que font la plupart des gens qui parlent de ce sujet) seuls 2% de la population seraient dans ce ca-s. Il se trouve que cette logique scientifique ne résiste pas à l’expérience de terrain que je peux avoir depuis 15 ans. Je pense (et ne suis pas la seule) que nous sommes plus proche des 10%, soit 3 élèves en moyenne dans une classe de 30 élèves et donc dans un collège de 500 élèves pas moins de 50 précoces. Ce qui, tu en conviendras, permet tout de même de se sentir moins seul.e même si cela signifie tout de même qu’il faut à minima un groupe de 10 personnes pour avoir une chance de trouver un ou une semblable.

Sans rentrer trop dans les détails, un phénomène explique en grande partie cette disparité entre théorie et pratique. Les recherches sur les troubles d’apprentissages (dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, dysphasie, hyper-activité et troubles de l’attention…) sont récentes. On sait aujourd’hui qu’un enfant à haut potentiel peut également, et c’est même assez fréquent, avoir les 2 caractéristiques : précoce et dys = Bingo ! Or, chacune de ses différences a un impact sur l’autre. Les troubles dys sont souvent et longtemps (jusqu’au collège) compensés par le haut potentiel ce qui masque les difficultés et retarde le dépistage. L’enfant se sert de sa mémoire, de son intelligence pour compenser ses difficultés de lecture par exemple. Et de la même façon, les troubles dys gomment les éléments les plus visibles du profil haut potentiel. Ce même enfant aura de plus en plus de mal à écrire sans faute, à suivre le rythme d’alternance des tâches, car sa dyslexie ou sa dysgraphie le gêneront et ne lui permettront pas de finir le premier ou de faire zéro faute à sa dictée. Ils.elles se pensera souvent nul.le et n’imaginera pas une seconde pouvoir être surdoué.e.

Ces nouveaux profils ont longtemps été incompris mais les dernières recherches permettent aujourd’hui de mettre en lumière le profil à haut potentiel de nombreux enfants intelligents mais en difficulté scolaire. Elles permettent également souvent aux parents de mieux comprendre leur propre parcours scolaire difficile. N’oublions pas que 90% des adultes HP et/ou dys l’ignorent faute de bilan à leur époque.

Enfin pour en revenir à nos deux profils laminaires et complexes évoqués plus haut, on observe que les premiers ont des résultats plus homogènes aux tests de QI et les seconds plus hétérogènes avec une prédominance statistique des compétences verbales-linguistiques (tout ce qui touche au langage).

Pourquoi dis-tu qu’il est important de connaître le mode d’emploi du HP ?

Ce que j’appellerais le mode d’emploi réunit plusieurs choses.

  • 1) se connaître :

pour savoir comment l’on fonctionne encore faut-il se connaître. Et cela n’est pas une mince affaire. C’est même parfois le chemin d’une vie, et cela n’est pas propre aux hp. Mais…s’il est vrai que l’on ne peut se résumer à une seule de nos caractéristiques (être HP en est une), ne pas connaître les éléments clés de cette particularité c’est prendre le risque d’une interprétation erronée de son mode de fonctionnement privilégié et perdre confiance en nos sensations, intuitions perceptions. Pour être plus claire, percevoir que l’on ressent des émotions fortes et voir dans le regard des autres que ce n’est pas acceptable, convenable, normal, adapté… peut amener une personne à être dans le contrôle, à le renier plutôt que de l’accepter. Et finalement cela risque de l’empêcher de construire en conscience des outils pour mieux le vivre et même en faire un atout.

Donc connaître dans les grandes lignes les modalités particulières de perception du monde des HP et savoir si on s’y reconnait (avec ou sans bilan) permet de passer de l’anormal au normal. Et en dépit du fait qu'être normal n'est pas un objectif, cela est tout de même rassurant.

  • 2) Connaître optimiser son potentiel émotionnel :

L’un des éléments clé de la perception du monde du HP est son hypersensibilité (sens et émotions), son acuité. Il.elle sent ou ressent des choses que les autres ne perçoivent pas (des lames de fond, des incohérences, des tensions….). Connaître, apprendre à utiliser des outils permettant de mieux « gérer » et même utiliser cette aptitude plutôt que de la subir fait partie de ce que j’appelle le mode d’emploi. Le potentiel émotionnel peut être un atout fantastique ou une source de vulnérabilité redoutable : le HP a tendance à attirer les personnalités toxiques. Son estime de lui.elle est souvent fragile. Le burn-out (dépression par surmenage) ou brown-out (dépression par ennui) sont fréquents mais pas une fatalité.

  • 3) S’autoriser à Être la meilleure version de soi :

et puis bien sûr tout le travail de développement personnel permettant de réduire l’impact de nos croyances limitantes, du conformisme afin de s’autoriser à être libre d’être soi, de débrider sa créativité (autre caractéristique du HP) afin de jouer pleinement sa partition dans le monde fait partie de ce mode d’emploi.

Nouveau paradoxe : Le travail de développement personnel peut paraître plus complexe pour un hp tant il.elle se pose de questions ou tant il/elle s’est coupé de ses émotions pour survivre. Et pourtant leur évolution est souvent plus rapide tant ces sujets peuvent les intéresser, leur paraître vital et tant ils/elles ont de ressources pour être résilient.e.s (être capable de transformer en forces des épreuves douloureuses).

Existe-t-il des écoles spéciales pour les enfants H.P. ?

Oui, il existe des écoles « spéciales HP ». En revanche cela revêt de nombreuses réalités. Comme toute initiative, l’idée qui la sous-tend influence ses objectifs, sa mise en pratique et ses effets.

Certaines écoles ont prétendu vouloir regrouper les élèves à haut potentiel dans un objectif élitiste. C’est à dire que leur objectif était de pousser au maximum les capacités de ses élèves afin de les amener à leur meilleur niveau. Or, comme nous l’avons expliqué dans d’autres réponses, l’aspect intellectuel n’est qu’un des aspects de la personnalité à haut potentiel. Ses émotions, sa grande sensibilité, son intelligence relationnelle, sont également au coeur de ses spécificités. Considérer que ces élèves ne sont que des cerveaux à nourrir est méconnaître le sujet. Si ce type d’institutions a pu satisfaire certains élèves, d’autres en revanche n’y ont pas trouvé leur compte et ont même souffert de cette idéologie élitiste rigoriste. D’autant plus que la rareté de ces écoles oblige les élèves à être internes et donc loin de leur famille.

D’autres écoles cherchent à être une alternative au système scolaire classique ne correspondant, à juste titre, pas toujours aux besoins des enfants à haut potentiel (à ceux des autres non plus d’ailleurs). Ces écoles souhaitent proposer des pédagogies plus adaptées au mode de pensée intuitif, à la curiosité de ces enfants qui ont également besoin de trouver du sens dans leurs apprentissages (les autres aussi). Les effectifs sont souvent plus réduits, facilitant ainsi la disponibilité des enseignants et les liens entre l’école et l’extérieur sont souvent plus riches. Ces établissements privés peuvent être une solution répondant au mal-être ou aux difficultés scolaires d’un enfant philo-cognitif. Mais attention la réalité est parfois très éloignée de la publicité. Avoir l’intention de faire mieux ne suffit pas toujours à faire mieux.

Je m’intéresse au travail de certaines écoles dont j’apprécie vraiment l’idéologie et le travail : l’Ecole Geoges Gusdorf à Paris par exemple, ou Living School qui n’est d’ailleurs pas réservée aux HP. En revanche, comme en toutes choses, les écoles existantes ne se valent pas et certains établissements peu scrupuleux se servent de ces arguments de façon très marketing.

En fait, ce qui est le plus important à mon avis, est davantage la philosophie de l’établissement que sa volonté de ne s’adresser qu’aux élèves intellectuellement précoces.

Un autre élément est intéressant à apporter à cette réflexion. Souvent, des difficultés relationnelles rencontrées dans une école « classique » sont à l’origine de ce choix d’établissements. Certains élèves précoces sont en souffrance avec leurs camarades et subissent parfois du harcèlement. Nous avons déjà évoqué les décalages des centres d’intérêt. Les familles, parfois démunies face à la souffrance de leur enfant, se disent qu’entre HP tout ira mieux. Or, s’il est vrai que les HP sont souvent des aimants à HP (les amis des enfants précoces sont souvent eux aussi précoces), être entre HP n’est pas la garantie de relations amicales satisfaisantes. Nous l’avons également dit, le haut potentiel n’est qu’un des aspects de la personnalité mais se peut résumer une personne. Il existe autant de façon d’être à haut potentiel qu’il existe de personnes à haut potentiel.

Pour faire court : tous les HP ne sont pas les amis des HP ;-) et être à haut potentiel n’est pas l’assurance d’être une personne sympathique. 

Enfin, je me permets de te donner ici un avis plus personnel. Les difficultés que rencontrent les enfants surdoués dans le système « traditionnel » sont, à mon sens, un excellent révélateur des éléments sur lesquels ce système devrait travailler pour évoluer. Non seulement pour répondre aux besoins de ces enfants « spéciaux » mais pour le bien de tous. Les élèves HP perçoivent de façon plus forte et plus inconfortable les incohérences, les absurdités, les manques. Ils ont un sens des valeurs plus fort les rendant plus attentifs au sens donné aux apprentissages, à la qualité des relations avec les enseignants et les autres élèves, à la bienveillance, la justice, l’éthique… Mais à bien y réfléchir les autres élèves en ont tout autant besoin. Plutôt que de concevoir des modèles scolaires isolés, il me semble qu’il serait plus utile, pour tous, de tenir compte de ces indicateurs de bien être dont les sciences cognitives confirment l’importance dans l’apprentissage pour tous et d’intégrer dans l’Education Nationale une approche Tête-Corps-Cœur.

Enfin, « vivre ensemble », l’intelligence relationnelle, l’intelligence émotionnelle, sont des compétences indispensables à la réussite d’une vie. Chacun sait que l’on peut être intellectuellement brillant sans pour autant être heureux. La notion de réussite dépasse largement celle de la réussite scolaire. L’enfant à haut potentiel sera nécessairement amené à cotoyer, à communiquer, à interagir avec des non-HP. N’oublions pas que, même avec mes statistiques hautes, 90 % des personnes avec lesquelles il-elle sera amené.e à vivre seront « normo-typiques ».  Alors à moins d’habiter dans un « lotissement pour HP », de travailler à la Silicon Valley, d’aller en vacances au « club Med pour HP », d’envoyer ses enfants en « colonies de vacances pour HP » et de prévoir une maison de retraite spéciale « séniors-HP », il est important que ces personnalités atypiques apprennent à vivre dans un monde pluriel. D’autant plus que les compétences relationnelles et émotionnelles ne sont pas toujours leur point fort.

En conclusion, certaines de ces écoles peuvent être une alternative intéressante, offrant à des enfants en souffrance un cadre plus adapté. Mon ambition serait tout de même que l’Éducation Nationale fasse évoluer sa philosophie et ses pratiques afin de garantir à Tous les élèves le cadre bienveillant et stimulant indispensable à l’épanouissement des élèves surdoués. 

Comment fait-on pour reconnaître un enfant précoce ?

Si la question est : Puis-je reconnaître les précoces pour me faire des amis ? La réponse est : laisse tomber ! Un.e ami.e est un.e ami.e peu importe qu’il.elle soit hp ou non. L’important est la qualité de votre relation. Il est vrai que statistiquement tu as de fortes chances d’être attiré.e par des personnalités atypiques. Mais cela n’est pas calculé. Penser que ne s’entourer que de personnes à haut potentiel est la garantie d’avoir une vie sociale plus épanouie, plus facile, serait un écueil. Mieux vaut une personne fiable et gentille non HP qu’un.e HP toxique ;-)

En revanche si la question est : y-a-t-il des indices des caractéristiques qui puissent me laisser penser qu’une personne ou que moi-même est à haut potentiel ? La réponse est oui.

Lors de mes conférences je présente un ensemble d’indices non exhaustifs (cela veut dire qu’il peut y en avoir d’autres) permettant d’être attentif.ve à l’idée qu’une personne puisse être à haut potentiel. Plus la personne, ou toi-même, coche de cases plus l’idée semble probable. Mais cette approche n’est qu’empirique (elle repose sur l’expérience et non sur un cadre scientifique).

En voici donc la liste : 

  • Bébé, fixe très top et de façon intense le regard.

  • Se pose et pose beaucoup de questions. Et pourquoi...et est-ce que...et si.... ????? Des questions souvent inattendues, parfois embarrassantes... Des questions sur le sens de la vie, la mort...Ces questions envahissent parfois l'espace familial et surtout sa tête ;-))

  • Langage précoce et maîtrisé « parle comme un livre ».

  • Aborde très tôt des sujets philosophiques liés au sens de la vie, la mort, l’impermanence des choses, la justice… Ces questions l’intéressent mais les réponses peuvent l’angoisser et dépasser sa capacité émotionnelle.

  • Lecteur.trice précoce (a appris à lire tôt et /ou seul.e). une dyslexie peut parfois entraver l'apprentissage te le plaisir de la lecture.

  • Lit beaucoup...cinéphile... 

  • Mémoire surprenante sois pas sa capacité soit par le sens du détail. A des souvenirs avant 3 ans, se souvient intensément de choses qui peuvent paraître insignifiantes.

  • Sens aigu de la justice. Ne supporte pas les situations qu'il.elle juge injuste. Peut se mettre très en colère ou prendre des positions marquées.

  • Humour (parfois particulier ;)). Aime le cynisme, l'humour noir.

  • Susceptibilité (en raison d’une estime de soi fragile). Aime rire des autres mais n'aime pas trop être la cible des vannes.

  • Passions surprenantes et/ou multiples. A du mal à partager ses centres d'intérêts souvent jugés "spéciaux"par les zautres.

  • Difficultés relationnelles avec ses pairs (ceux de son âge). A du mal à s'intéresser aux centres d'intérêts des personnes de son âge. Trouve les conversations ennuyeuses et ne comprend pas que cela puisse passionner ses camarades.

  • Préfère la compagnie des adultes ou plus petits ou plus fragiles. Aime échanger avec des personnes plus âgées et aime défendre, protéger les personnes qu'il.elle considère plus vulnérables.

  • Aime se sentir utile +++, que sa vie ait un sens.

  • A besoin d’attentions particulières (recherche le regard de l’adulte, du prof, intervient de façon anarchique…) A besoin de reconnaissance, de se sentir aimé.e, compris.e pour être en sécurité dans une relation.

  • Hypersensibilité : tout le.a touche et fortement. Ses réactions peuvent paraître démesurées, exagérées. On lui reproche d'en faire toujours des tonnes, de tout prendre au sérieux, de faire du cinéma... D'en faire toujours trop. Il.elle peut véritablement se trouver en situation de détresse émotionnelle temporaire ou chronique. 

  • Hyperesthésie : ses sens sont en éveil. Elle.il est donc particulièrement sensible à la lumière, aux goûts, aux odeurs, aux sons, aux couleurs…Il.elle peut être vite dérangée par une situation créant de l'inconfort (bruit, lumière, odeur...) alors que les autres ne semblent pas le remarquer.

  • « Hyper-activité » non au sens pathologique mais dans le sens ou il.elle est toujours en action. Déborde d'énergie. A du mal à se poser, à finir ce qu'il-elle commence. Donne l'impression d'être instable alors que son problème est d'avoir l'impression de ne pas pouvoir faire tout ce qu'il.elle voudrait faire. Se lasse dés qu'il.elle a fait le tour d'un sujet et qu'il.elle ne le trouve plus assez stimulant intellectuellement et/ou émotionnellement.

  • Dort peu. Petit ne faisait pas de sieste, ou avait des difficultés à trouver le sommeil. Somnambulisme, fortes terreurs nocturnes.

  • Excelle dans certains domaines (sciences, écriture, sport, art…) sans avoir l'impression de devoir fournir d'efforts particulier. Cela lui semble naturel, simple. Il.elle a tendance à minimiser ses talents, à ne pas percevoir que son niveau est rapidement supérieur à la moyenne. Peut même avoir l'impression de ne rien savoir faire tant il.elle peut avoir un besoin d'exceller. Cela sera parfois perçu comme du perfectionnisme. Cette situation est à la base d'un très fréquent syndrome de l'imposteur. Le.a H.P a tendance à avoir davantage conscience de ce qu'il.elle ne sait pas faire que de ce qu'il.elle sait faire.

  • Créativité, sens esthétique, originalité. Aime créer, inventer. A besoin que ça ait du style. La créativité est un élément majeur du fonctionnement du H.P. Nous faisons souvent l'amalgame entre créatif et artistes. La créativité est plus large que le sens artistique. Bien sûr un artiste a besoin d'être créatif mais un bon chercheur également. Pointcaré disait : "On prouve avec la raison mais on trouve avec l'intuition". Intuition, créativité, goût pour le complexe sont très liés. La personne HP est souvent créative dans sa façon d'interpréter le monde, de trouver des solutions à ses petits et grands problèmes. Sa créativité peut donc nourrir des talents artistiques, mais également ses centres d'intérêts scientifiques, littéraires, philosophiques, ses choix vestimentaires, ses envies, son parcours scolaire et professionnel, ses relations amicales et amoureuses, ses choix de vie... Attention toutefois à ne pas avoir fait le choix d'étouffer cette créativité afin de mieux s'adapter, se conformer aux attentes des autres, du système.

  • Résultats scolaires en dents de scie. S'engage lorsqu'il.elle aime la méthode, le.a prof, le chapitre. Les filles ont tendance à vouloir d'avantage être bonnes élèves. Attitude qu'elles risquent de conserver toute leur vie en voulant être performante pour être reconnue, appréciée, aimée. Les garçons ont plus de mal à se motiver pour faire plaisir.

  • Écriture difficile, illisible, lente, trop rapide (très fréquent chez garçons HP). Ne pas oublier que l'on peut être H.P mais avoir des troubles "dys" (dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, dysorthographie...). Ces troubles sont souvent compensés par les ressources du haut potentiel et peuvent passer longtemps inaperçues. Cette situation peut considérablement entraver la réussite scolaire de l'enfant-ado Haut Potentiel et lui donner l'impression d'être nul.e.

  • Brillant.e à l’oral mais décevant.e à l’écrit. Les idées du H.P vont très vite dans sa tête. L'écriture est souvent vécue comme trop lente pour exprimer ses idées (surtout s'il y a des troubles dys). De plus, le.a jeune HP se retrouve avec une montagne d'idées en tête, partant souvent dans tous les sens. Cette "amas" de pensées peut lui donner l'impression de ne pas savoir par où commencer, comment les organiser. Les idées simples de l'intéressent pas. Il.elle va avoir tendance à sauter l'étape du "simple", considéré comme ayant peu d'intérêt,  pour se consacrer à des idées plus éloignées mais, selon lui.elle, en lien avec le sujet et nettementent plus intéressantes. Il.elle peut s'y perdre et se retrouver hors sujet, lorsqu'il.elle n'a pas été découragé.e avant même de commencer ;-)

  • Manque de méthode. Le résultat, le sujet compte plus que la méthode. Or, l'Education Nationale attend l'acquisition de méthodes, ce que le.a HP peut vivre comme très frustrant. Ce manque de méthode, ou se décalage de méthode peut être à l'origine d'échec dans le système. Il.elle peut être par exemple passionnée.e de physique mais ne pas parvenir à répondre aux attentes du lycée, de la prépa...

  • Donne les résultats mais ne peut les justifier. Impression de savoir mais sans savoir comment il.elle sait. On appelle cela des fulgurances. C'est très agréables lorsque ça marche mais très déstabilisant lorsque cela donne lieu à des erreurs car le processus d'élaboration de la réponse étant inconscient, le.a HP ne sait d'où vient le bug et peut avoir tendance à paniquer, à se sentir vide, nul.e. Savoir, comprendre, comment on réfléchit s'appelle la métacognition. Cela consiste à rendre conscient les mécanismes inconscients de réflexion. Cette compétence est très importante à développer pour gagner confiance en soi et pourvoir exploiter pleinement ses ressources. Je ne peux que vous encourager à comprendre comment fonctionne votre cerveau pour l'exploiter pleinement ;-))) Les neurosciences et sciences cognitives sont pour cela passionnantes.

  • Déstabilisant. Il.elle a tendance à ressentir ce que l’autre cherche à masquer. Le.a personne HP détecte grâce à sa grande sensibilité (sens et émotions) ce que l'on appel les signaux faibles, c'est à dire des indices peu perceptibles (langage du corps, vocabulaire, énergie...). Ces indices lui donne beaucoup d'informations sur l'état émotionnel de la personne, son inconscient. Tant qu'il.elle n'a pas appris à être en sécurité avec lui-elle-même, le.a jeune HP a tendance à croire trop souvent être responsable des états émotionnels de son interlocuteur. Cette situation l'affecte régulièrement. Il.elle peut y répondre avec des comportements variés (remise en cause permanente, provocation, franchise excessive, humour grinçant...).

  • Peur, parfois panique, de se tromper (stratégies d’évitement : fuite, agression, inhibition). Savoir et Être sont souvent confondus. Lorsqu'il.elle ne sait pas le.a jeune HP a l'impression de ne rien valoir, d'être nul.e, de risquer de mourir.

  • « Intelligent.e » mais mal à l’aise avec le quotidien. Peut donner l'impression d'être perdu.e, stupide pour des actions simples du quotidien alors qu'il.elle est capable de réflexions intellectuelles pointues.

  • Comprend très vite, trop vite parfois ;-)). Mais a tendance à confondre comprendre et savoir. Cette confusion l'empêche de passer par l'incontournable travail de répétitions, d'entraînement, nécessaire à l'acquisition solide des compétences.

  • Travaille vite... trop vite parfois ;))). Finit souvent avant tout le monde...mais oublie parfois de se relire ou de faire preuve de rigueur, oubliant la forme au profit du fond.

  • Perçoit, voit des "choses" du domaine de l'invisible. 

  • TROP ! Ce terme revient souvent dans la vie de la personne haut potentiel. « Tu en fais trop », « Tu travailles trop », « Tu penses trop », « Tu es trop sensible »… laissant progressivement la personne intégrer cette idée d’être TROP et donc pas comme il faut.

Encore une fois chacun, chacune est différent.e. Il ne faut pas s’attendre à cocher toutes les cases mais lorsque vous voyez que plusieurs sont cochées il peut être intéressant de se poser sérieusement la question.

Si nous devions ne retenir que l’essentiel de ce qui caractérise la douance ce serait :

Intensité – Sensibilité – Connectivité - Lucidité.

Et pour finir recentrons sur 3 aptitudes communes et vraiment particulières que vous retrouverez dans l'ouvrage "philocognitifs" de Fanny Nusbaum :

Hyper-spéculation : c’est la tendance à tout questionner même ce qui semble sans intérêt au commun des mortels. C’est d’ailleurs grâce à ces questions qui semblaient stupides qu’Einstein s’est intéressé au temps et à l’espace et à produit ses théories révolutionnaires.

Hyper-acuité : tous ses sens sont en éveil et sa sensibilité à fleur de peau.

Hyper-latence : tendance à faire des liens entre tout ce qui lui permet d’avoir une vision particulière du monde et de produire des réponses créatives aux problèmes qu’il.elle rencontre.

A partir de là il n’est pas interdit d’avoir l’intime conviction de faire partie de cette minorité ou de reconnaître un.e proche. Beaucoup de gens ont du mal à se sentir libre de le penser. Mais pour qui je me prends ??? se disent-ils.elles

Justement ce travail a pour objectif de permettre à chacun.e de partir à la découverte de soi sans aucune culpabilité. D’avoir suffisamment d’informations pour se faire une idée plus juste et moins fantasmée de ce qu’est la douance. De ses atouts, de ses vulnérabilités. N’oubliez jamais qu’il ne peut y avoir de courage sans vulnérabilité. C’est même à la capacité d’être vulnérable que l’on mesure le courage des gens (voir le tedx de Brené Brown).
Chacun.e peut alors faire son chemin. Ou ces réponses suffisent à mettre des mots, des explications sur ce qu’il.elle perçoit, le rassure, et c’est avec cette meilleure perception de soi, cette découverte d’une alternative à l’idée d’être anormale que ces personnes poursuivront leur chemin. Ou ces indices lui donneront l’envie et le courage parfois de faire valider cette intuition par un bilan réalisé chez un psychologue ou neuropsychologue formé à la précocité intellectuelle.

Quelle sont la/les différences entre les enfants précoces filles et les enfants précoces garçons ?

 

Il est difficile de répondre à cette question sans faire de généralités. Certaines filles peuvent avoir des comportements plutôt visibles chez les garçons et inversement. Mais pour répondre malgré tout à tes questions il est vrai qu’il existe certaines tendances. Les filles ont tendance à chercher à faire plaisir, à se conformer à ce que les autres attendent d’elles, ou plutôt à ce qu’elles pensent que les autres attendent d’elles davantage que les garçons. ( encore une fois ce n’est pas une vérité absolue mais plutôt une tendance) C’est la raison pour laquelle elles s’adaptent plus facilement aux différentes situations et aux différents systèmes. Mais cette adaptation, voire cette sur adaptation, n’est pas sans risque. 

Leur haut potentiel est plus difficile à détecter, dans une fratrie leur frère sera souvent bilanté bien avant elle. Il est même fréquent qu’elles ne le soient jamais et que toute leur vie elles pensent que leur frère l’était mais pas elles car elles étaient bonnes élèves, travailleuses, ont plutôt bien réussi leurs études et n’ont jamais posé de problème. Elle peuvent cependant se sentir étranges et du coup ne pas parvenir à mettre de mots sur ce qu’elles ressentent puisque cela ne ressemble pas à la situation qu’à vécu leur frère. 

Pour des raisons culturelles, éducationnelles, elles ont tendance à sous-estimer leurs capacités, à être très exigeantes avec elles-mêmes, et à ne pas oser reconnaître leurs talents.

Les garçons osent davantage montrer leurs difficultés d’adaptation et se font plus vite repérer en raison de problèmes de comportements.

Je prends bien soin de répéter que ceci est une tendance statistiques mais en aucun cas une situation figée et représentative d’une réalité généralisable.

Certains garçons rentrent dans le moule facilement.  D’autres s’adaptent jusqu’à éprouver de réelles difficultés à l’adolescence ou à l’âge adulte alors que certaines filles expriment très tôt leur sentiment de différence et obligent leur entourage à s’interroger.

Qu’est-ce quI fait qu’un enfant précoce est un enfant précoce ?

C’est un savant mélange de son patrimoine génétique, de son environnement et des expériences qu’il/elle sera amené.e à traverser.

C’est grâce à tout cela qu’il s’autorisera à interroger le monde et à ne pas adhérer spontanément au récit collectif. Et c’est à force de s’interroger sur tout, de percevoir les incohérences, de ressentir les implicites, de regarder le monde à travers des yeux éclairants et désireux d’éclairer qu’il/elle construit, enrichit des connexions cérébrales de plus en plus efficientes, créatives et intuitives.

Est-ce qu’un enfant précoce aime faire d’autres choses qu’un enfant non précoce ?

Là aussi il est difficile de répondre sans faire de généralité. Il y a autant de centres d’intérêt qu’il y a d’enfants précoces. Certains de ces centres d’intérêts peuvent être partagés, d’autres plus difficilement. Certains enfants précoces ont des centres d’intérêt assez particuliers : astronomie, faune flore, mythologie, sciences, littérature... ce qui fait surtout la différence c’est davantage l’intensité avec laquelle ils s’engagent dans les apprentissages, l’amas de connaissances, leur implication dans le sujet. Ils se passionnent et ont besoin de se sentir compétents alors que les autres auront tendance à survoler le sujet. C’est souvent cela qui crée un décalage avec les autres qui ne comprennent pas cette intensité, ce besoin de précision, cette exigence dans la maîtrise d’un sujet.

L’autre particularité est la multiplicité de leurs centres d’intérêt. Ils peuvent parfois paraître boulimiques d’activités (sport, théâtre, musique, danse...) et ont parfois du mal à choisir et à renoncer à certaines, faute de temps.

Ce qui est important à comprendre c’est qu’ils ont une grande conscience du temps qui passe, de la fragilité et de la fugacité de la vie. Ils sont donc dans l’urgence de comprendre et d’agir, ce qui les rend allergiques à l’ennui, aux discussions inutiles, au temps perdu.

Si toi aussi tu as des questions, n'hésite pas à me les soumettre par mail, je prendrai le temps de te répondre.